La communauté du Bec, moines et moniales-oblates, d’où est issue la communauté d’Abu-Gosh, est née de la rencontre de deux personnalités menées par l’Esprit de Dieu. Mère Elisabeth de Wavrechin, veuve de la guerre de 14-18, héritière du charisme ecclésial de Sainte Françoise Romaine et Père Abbé Paul Grammont, moine de Mesnil Saint-Loup, de la Congrégation bénédictine olivétaine. Après les commencements à Cormeilles en Parisis dans le diocèse de Versailles, La communauté des moines reçut en héritage la vénérable Abbaye du Bec, fondée par Herluin au XIème siècle et vint s’y établir en 1948. Au cours des (...)
Mère Elisabeth de Wavrechin (1885-1975), veuve de guerre en 1916, avait fait la découverte décisive, lors d’un pèlerinage à Rome en 1919, de la vie monastique fondée le 25 mars 1433 par Sainte Françoise Romaine au monastère de Tor de Specchi, avec l’appui des moines olivétains de Sainte Marie la Neuve. En 1922, un pèlerinage à Jérusalem fait naître en elle le désir de venir y établir une communauté, signe visible de la prière pour l’unité des chrétiens. Ce courant spirituel hérité de Sainte Françoise Romaine et de l’appel à l’unité, rencontre des années plus tard l’héritage spirituel de l’Abbaye du Bec en (...)
Nous livrons à votre méditation ce long extrait d’un texte du Père Abbé Paul, condensé de ses intuitions sur l’Eglise, le monachisme et le "mystère d’Israël"

dans tes portes, Jérusalem" (Psaume 122,2)
Notre vocation pour la Terre Sainte est un chemin. Ce n’est pas une chose toute faite, clé en main.
Les clés de ce monastère d’Abu Gosh, nous les avons reçues de son propriétaire, l’Etat français, après un jeu de circonstances et d’amitiés.
Elles nous ont permis de réaliser un grand désir du Père Abbé Paul, du Bec-Hellouin : être présents au lieu de la déchirure entre « Église » et « Synagogue », lieu germinal de toutes les divisions et discordes à venir entre chrétiens.
Après un pèlerinage du Frère Jean-Baptiste avec un ami du mouvement charismatique, et à la demande d’André Chouraqui et du P. Marcel Dubois, puis après une rencontre des trois fondateurs, les frères Jean-Baptiste, Charles et Alain avec la communauté des Béatitudes, le Père Abbé Paul jugea bon de nous envoyer en ce pays.
Pour lui, il n’y avait pas deux pays en cette Terre Sainte divisée. Il nous désirait en ce lieu comme présence d’accueil cordial à l’écoute de l’Israël biblique en son histoire juive, continuée dans l’Israël contemporain.
Notre présence à Abu-Gosh comblait cette vue prophétique qui plaçait notre communauté d’abord au creux d’un mystère, le mystère du salut.
En ce village musulman et israélien, en effet, nous étions placés au cœur de la réalité bien charnelle de ce pays en sa diversité.
Il était clair pour nous et d’abord pour Père Abbé Paul que notre vocation nous enracinait dans une déchirure plus profonde que le conflit israélo-palestinien.
A l’écoute de ce pays et de ses gens, écoute lente et longue, nous avons appris à « entendre » ce peuple qui nous fut donné... dans l’ouverture maintenue à cet autre, à ces autres aussi présents qui nous invitent pour rester fidèles à nous éloigner de la peur et à ne pas nous enfermer dans des schémas tout faits du bien et du mal.
Nous n’avons que l’amour à opposer aux diverses forces du mal qui nous habitent,
et que la bonté à proposer à nos hôtes et amis de tous horizons. Cordialement.