Le monastère est bâti à l’image de l’Eglise du Christ, qui « est son corps ». Ainsi, en premier lieu, de même que le Christ est dit « tête de l’Eglise », de même l’oratoire du monastère est la « tête » du monastère, le lieu qui commande toute la vie monastique. Le réfectoire. Ce lieu, dans notre tradition, est comme une seconde église : à l’oratoire, le Christ nourrit les âmes ; ici, le Christ nourrit les corps, son Corps. Le cloître. C’est lui qui assure, avec les cours et le jardin, la cohésion et l’aération de l’espace. On pourrait le comparer au cœur du monastère, car il est souvent le centre géographique des (...)
Donc le moine ne tourne pas en rond, malgré les apparences. D’ailleurs il n’y a qu’à se reporter au regard d’un frère sur le temps... qui résiste et qu’il faut apprivoiser, ou au regard d’une sœur sur le temps... qui respire et nous invite au silence... pour comprendre. Comprendre que la Parole est au cœur de la vie du moine, célébrée dans la lecture solitaire comme dans la proclamation en Église, accueillie dans le silence du cœur autant que dans les gestes sacramentels qui nous donnent la vie du Christ, notre Pâque. C’est cette Pâque qui préside à la galerie d’images jointe au "cercle (...)

"Par la foi, Abraham vint séjourner dans la Terre Promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes (...). C’est qu’il attendait la cité pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur" (Lettre aux Hébreux 11, 9-10).
Réponse : "un petit coin" de la Jérusalem à venir, dont nous serons les pierres vivantes. Et cette vie vient du Christ, qui nous construit à son image : "Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment comme Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps de misère pour le conformer à son Corps de gloire" (lettre aux Philippiens 3, 20-21).
Réponse : avec le temps ! On pourrait croire qu’il tourne en rond. Pourtant c’est une marche, quotidienne. Et le Christ se fait pèlerin avec lui, comme l’Arche avec Israël. Et le moine entend l’écho de la liturgie des anges et de l’Église : il est appelé en haut, avec ses frères et sœurs.
"Daigne le Christ nous conduire en communauté à la vie éternelle" (fin de la règle de St Benoît).