
lire Luc 24 à Abu-Gosh
C’est donc Luc et son Evangile qui sont la « clé d’interprétation » de ce lieu de « l’Emmaüs des Croisés ».
Au-delà de l’histoire... en « faits », il y a l’histoire... en « récits ». Et la foi des croyants. Comment dire qu’« Il » est ressuscité, ce Jésus qui a été crucifié ?
Les deux disciples déroutés reprochent à Celui qui ce soir-là fait route avec eux, de ne pas connaître les « faits ». Celui-ci leur reproche alors de ne pas connaître le « Livre » de leur propre foi !
Qu’est-ce à dire ? Le Dieu de leurs Pères aurait-il ressuscité ce Jésus... en qui, honnêtement, ils avaient espéré ? Oui, espéré. Ils osent le lui avouer. Ils en oublient le but de leur voyage : cet « Ammwas » des Maccabées et la mémoire consolante des grandes victoires de la foi et de la piété.
Aujourd’hui la foi est humble. Humiliée avec ce Jésus... pour dire quelque chose de plus grand. Un partage, celui du pain, ce soir-là à Emmaüs. Pas n’importe quel pain ! Celui des Ecritures, qui réchauffe le cœur des croyants. Le pain de Jésus. Pour toujours. Pain vivant, qui ne leur appartient pas plus qu’à quiconque. Pain qui dit la foi de l’Église. Aussitôt, ils retournèrent à Jérusalem rejoindre les Apôtres.
L’Arche d’Alliance avait déjà fait ce parcours. Avec le pain de la manne, avec la Torah qui dit Dieu sur la route des hommes, et avec le bâton du Grand-Prêtre Aaron, qui dit l’homme que Dieu a choisi... « pour que vive un peuple nombreux », ... « pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ».
Amen, viens, Seigneur Jésus. Reviens sur nos routes de pèlerins.